Les réseaux de chaleur peuvent jouer un rôle important dans la décarbonation de notre approvisionnement énergétique. Mais un réseau de chaleur n’est pas automatiquement durable.
Son impact réel en matière de CO₂ dépend en grande partie des sources d’énergie qui l’alimentent, des températures auxquelles il fonctionne, de l’efficacité de la distribution et de la manière dont la production et la consommation de chaleur sont mises en adéquation.
De nombreux réseaux de chaleur existants ont initialement été développés autour d’une production centralisée utilisant des combustibles fossiles et des températures de réseau relativement élevées.
Le défi des prochaines décennies est donc double : concevoir les nouveaux réseaux de chaleur et de froid de manière aussi efficace et flexible que possible, tout en transformant progressivement les réseaux existants vers des sources d’énergie bas carbone.
La chaleur fatale, la géothermie, les grandes pompes à chaleur, le stockage thermique et l’électricité renouvelable offrent différentes possibilités pour y parvenir.
Que signifie la décarbonation d’un réseau de chaleur?
La décarbonation consiste à réduire progressivement les émissions de CO₂ liées à la production et à la distribution de chaleur. Dans un réseau de chaleur, cela peut se faire de différentes manières. La démarche la plus évidente consiste à remplacer la production de chaleur fossile par des sources d’énergie présentant un impact carbone plus faible.
Mais cela ne suffit pas. Le réseau lui-même doit également évoluer afin de permettre l’intégration efficace de nouvelles sources d’énergie. Cela signifie notamment :
- réduire les températures du réseau lorsque cela est possible
- limiter les pertes thermiques
- optimiser l’hydraulique
- intégrer plusieurs sources de chaleur
- utiliser le stockage thermique
- mettre en place une régulation intelligente et du monitoring
- et concevoir une infrastructure permettant de futures adaptations
La décarbonation n’est donc pas une technologie isolée, mais une transformation de l’ensemble du système énergétique.
Pourquoi les réseaux de chaleur sont-ils intéressants pour la transition énergétique ?
Un système de chauffage individuel est généralement lié à un seul bâtiment. Un réseau de chaleur relie au contraire différents producteurs et consommateurs de chaleur. Cela offre un avantage important. L’énergie disponible à un endroit peut être utilisée ailleurs.
Une entreprise industrielle peut par exemple produire de la chaleur fatale alors qu’un quartier résidentiel voisin a besoin de chauffage. Un data center doit évacuer continuellement de la chaleur tandis que des bureaux, logements ou un hôpital situés à proximité présentent une demande thermique.
Une source géothermique peut alimenter plusieurs bâtiments simultanément. Le réseau de tuyauteries permet de relier ces différents flux énergétiques. Un réseau de chaleur peut ainsi évoluer d’un système classique de production centralisée vers une plateforme d’échange et de distribution d’énergie thermique.
Stratégie 1 : réduire la température du réseau
L’une des principales évolutions des réseaux de chaleur modernes est le passage à des températures aller et retour plus faibles. Cela présente plusieurs avantages. Plus la température du fluide est faible par rapport à celle de l’environnement, plus les pertes thermiques potentielles pendant la distribution peuvent être réduites.
Mais surtout, des températures de réseau plus basses facilitent l’intégration de sources de chaleur bas carbone. Une grande partie de la chaleur renouvelable ou récupérée est en effet disponible à des températures relativement faibles. C’est notamment le cas de :
- la chaleur fatale des data centers
- la chaleur fatale industrielle
- les eaux de surface
- les eaux usées
- la géothermie
- et d’autres sources de chaleur environnementale
Plus la température nécessaire dans le réseau est basse, moins cette chaleur doit être rehaussée avant de pouvoir être utilisée .